Jessica Peters
Une région, une ville, un quartier, une rue, un parc, un voisinage., tant de lieux significatifs dans le parcours de ma vie, qui détiennent une grande influence sur mon travail en peinture. Chacun de mes tableaux évoque des sites qui me sont familiers, par l’aménagement d’un espace qui emprunte des motifs aux régions rurales et structures industrielles. Généralement reproduit sous la forme classique de paysage, chaque tableau est composé de fragments d’architectures représentés dans un espace fabriqué, reflétant ainsi les deux axes essentiels à mon travail. D’une part les sujets, qui sont des choix esthétiques et personnels et d’un autre coté, la mise en espace des plans, par laquelle je tente inlassablement de repousser les limites de la matière.

Basculant entre réalité et fiction, chacun de mes tableaux donne naissance à un univers personnel mettant en valeur une planéité déroutante ainsi qu'une matérialisation très riche des figures et des plans. À travers autant de découpes précises et de formes architecturales, on perçoit un médium qui obéit à une logique n’existant qu’à l’intérieur du tableau. Le processus étant surtout guidé par le hasard et l’intuition, l’espace ne cesse d’être décomposé par la superposition et la suppression de la matière et c'est ainsi que se démarquent dans plusieurs structures précises, des formes subtiles aux fonctions incertaines. Soumise à de nombreuses techniques de masquage, sablage, d'empâtement et de grattage, la surface portant le poids de la matière, révèle le pouvoir évocateur des couleurs et des textures. En intégrant également le paradoxe et l’illusion aux différentes formes de représentations, l’espace évolue hors de contrôle et réinterprète les codes du réel. De plus, l’ambiance que révèlent les tons aussi rabattus et délavés que contrastés est propre à une culture spécifique des régions et issue d’un univers actuel.

À l’insu de la forme classique de paysage, des espaces énigmatiques se façonnent, qui explorent de nouvelles possibilités de représentation et amène le spectateur à remettre en question les limites de la frontière entre l’espace pictural représenté et les nombreux effets trompeurs créés par le médium.



A region, a town, streets, parks, corners, so many significant places in the course of my life, which hold a great influence on my work. Each one of my paintings evokes sceneries that are familiar to me by creating places which borrow patterns from the rural regions and industrial structures. Generally created in the traditional form of a landscape, each painting represent fragments of architecture from my surroundings, assembled in a manufactured space, therefore reflecting the two essential sides of my work. On the one hand the subjects, which are aesthetic and personal choices and on the other hand, the setting of the space by which I unremittingly try to push back the limits of the substance.

Tipping from reality to fiction, each one of my paintings gives place to a personal universe emphasizing on a diverting flatness and a very rich materiality of the figures and plans. Through as many precise delimitations and architectural forms, one perceives a medium which obeys a logic existing only inside the picture. The process being guided only by intuition and accidents, space does not cease being broken up by the superposition and the removal of the paint which creates many subtle forms with dubious fonctions that distinguish themselves in several precise structures. Subjected to many techniques of masking, sanding, pasting and of scraping, the canvas bearing the weight of the paint, reveals the evocative capacity of the colors and textures. Also integrating the paradox and the illusion into the various forms of representations, space evolves out of control and reinterprets the codes of reality. Moreover, the atmosphere revealed by the faded, washed-out and contrasted colours is specific to the rural cultures and representative of the modern society.

Despite the traditional form of landscape, enigmatic spaces take form, which explore new possibilities of representation and leads the spectator to question the limits of the border between pictorial space represented and the many misleading effects created by the medium.